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INFORAMA CGT

4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 19:35

A l'occasion de la présentation du bilan annuel de l'Autorité de la concurrence lundi 4 juillet, son président, Bruno Lasserre, dévoile les deux nouveaux sujets d'attention de l'institution : le commerce en ligne et le marché de la réparation automobile.

 

 

Deux ans après sa création, l'Autorité de la concurrence a-t-elle trouvé sa place ?

 

Le transfert du contrôle des concentrations au profit de l'Autorité est, je le crois, un réel succès. Les entreprises ont désormais un guichet unique et ne se plaignent pas d'avoir un interlocuteur indépendant. Le dialogue avec Bruxelles s'est aussi renforcé. La Commission nous a renvoyé cinq affaires en un peu plus de deux ans, comme Veolia-Transdev ou Keolis-SNCF. Il n'y en avait pas eu depuis Seb-Moulinex en 2002.

Nos remèdes sont clairs. Depuis 2009, dans certains cas, nous négocions des engagements avant d'autoriser une fusion ou un rachat. Ils sont soit structurels, comme dans le dossier Boulanger-Saturn, où nous avons demandé des cessions de magasins à Boulanger. Soit comportementaux, comme pour Veolia-Transdev : afin d'encourager de nouveaux acteurs dans le transport urbain, un fonds a été créé pour rembourser les frais de dossiers des candidats non retenus lorsque Veolia-Transdev sera l'exploitant sortant.

L'Autorité continue aussi de lutter contre les ententes et les abus de position dominante. Enfin, nous développons une "pédagogie" de la concurrence, notamment grâce aux enquêtes sectorielles lancées en 2010 et aux recommandations aux pouvoirs publics, dans des secteurs aussi essentiels que le numérique ou la grande distribution.

 

La fusion avec les enquêteurs de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) est-elle enfin digérée ?

Le rapprochement du Conseil de la concurrence et des services d'enquête de la DGCCRF a renforcé l'efficacité de notre action, l'enquête et l'instruction étant désormais dans les mêmes mains. Les ex-rapporteurs ont appris des enquêteurs et vice versa. Cela a favorisé l'émergence d'une culture commune.

 

La procédure de sanctions a été rendue plus transparente. Est-ce pour éviter une remise en cause des amendes, comme celle du cartel de l'Acier, réduite de 575 à 73 millions d'euros en 2010 ?

Nous imposons des sanctions élevées, parfois de plusieurs centaines de millions d'euros. Il est normal que nous soyons transparents sur notre méthode pour les calculer. C'est pourquoi nous avons publié des lignes directrices. Sanctionner ne rend pas nécessairement populaire. Mais il ne peut y avoir de régulation efficace sans dissuasion crédible. Pour le consommateur, c'est essentiel. Les cartels peuvent entraîner des hausses des prix de 20 à 25 % !

 

En 2010, vous avez été agressifs envers la grande distribution...

Nous avons peut-être mis le doigt sur un point sensible, ce qui a suscité de vives réactions. La distribution est une priorité stratégique car elle a un impact direct sur le pouvoir d'achat. Or, six enseignes se partagent 85 % du marché et les barrières à l'entrée restent élevées, surtout au niveau local, où le choix est souvent limité.

 

Vous avez rendu un avis qui vise à faciliter le changement d'enseigne pour les grandes surfaces. Un projet de loi sur le sujet est en cours d'examen, mais il ne vise que les groupements d'indépendants (Leclerc, Intermarché) et épargne des groupes comme Carrefour, dont les magasins sont intégrés. N'y a-t-il pas deux poids, deux mesures ?

Nous ne privilégions aucun modèle ! Notre avis place sur le même plan les franchises, les coopératives ou les groupes intégrés. Nous visons seulement la mobilité entre enseignes pour relancer la concurrence et faire baisser les prix. Une étude a montré qu'entre Lyon, où il existe un duopole, et Nantes, où coexistent quatre enseignes, les prix pouvaient diverger de 7 %.

Les contrats qui "cadenassent" les magasins indépendants pour vingt-cinq ou trente ans sont manifestement excessifs ! Leclerc et Intermarché nous attaquent devant le Conseil d'Etat, mais nous sommes sereins.

 

Vous surveillez aussi Google de près. Comment s'attaquer à un tel géant, américain de surcroît ?

Internet est un secteur où l'innovation permet à des entreprises toutes petites d'acquérir en très peu de temps une puissance que rien ne vient contester. Dans le cadre d'une enquête sectorielle sur la publicité en ligne, nous avons conclu à l'existence d'une position dominante de Google. Mais elle n'est pas condamnable en elle-même, car elle est le fruit d'un formidable dynamisme.

Nous voulons toutefois nous assurer que Google ne profite pas de sa position (90 % du marché de la recherche en ligne) pour imposer des conditions à ses clients ou partenaires. Google a un pouvoir de vie et de mort sur certains de ses clients annonceurs !

 

Quelles sont vos prochaines cibles ?

Nous nous penchons sur le secteur de la vente en ligne : nous voulons vérifier que cette activité se traduit réellement par une baisse des prix. Nous n'en sommes pas sûrs. Certains acteurs revendent aussi chers en ligne que dans les magasins en dur, alors que leurs coûts sont moindres. Enfin, nous allons nous intéresser aux prestataires intermédiaires (paiement électronique, livraison de colis, comparateurs de prix), qui influent aussi sur le prix. Nous avons lancé une enquête sectorielle, dont les conclusions seront rendues en juin 2012.

Une autre enquête va s'intéresser à l'entretien et la réparation automobile ainsi qu'à l'achat de pièces détachées. Depuis 1998, les prix des réparations ont augmenté de 35 % (deux fois et demi l'inflation), alors que ceux des voitures neuves n'ont progressé que d'environ 8 %. Il semble que les réparateurs indépendants ne soient pas toujours en mesure d'exercer une concurrence réelle sur les réparateurs intégrés ou liés aux constructeurs. Nous voulons identifier les causes et faire des recommandations.

 

Vous avez frappé très fort en sanctionnant onze banques qui pratiquaient des commissions élevées sur les chèques. Vous allez bientôt rendre vos conclusions quant aux commissions sur les cartes bancaires. A quoi doit-on s'attendre ?

Le dossier du chèque a visiblement fait réfléchir les banques, qui ont choisi cette fois-ci de négocier des engagements plutôt que d'entrer dans une nouvelle procédure contentieuse. La décision sera rendue très prochainement. Le Groupement des cartes bancaires, auquel adhèrent les banques, s'est engagé à réduire le montant des commissions interbancaires sur les cartes, qui n'avaient pas bougé depuis plus de vingt ans. Cela bénéficiera aux commerçants et aux consommateurs.

 

LE MONDE.FR

Propos recueillis par Cécile de Corbière et Claire Gatinois

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Published by CGT Groupe Intermaché - dans Grande distribution
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