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INFORAMA CGT

18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 21:22

Les patrons d'Intermarché: «Nous jouerons notre rôle de défenseur du pouvoir d'achat»

Tandis que le gouvernement fait pression, Jean-Pierre Meunier, président de la Société Civile des Mousquetaires, et Marc Legrand, président d'ITM Entreprises, refusent les augmentations de tarifs jugées «irréalistes» réclamées par les industriels pour répercuter l'augmentation du prix des matières premières alimentaires.

 
 Quel bilan faites-vous de l'année 2010 ?

Marc Legrand: 2010 a été une bonne année pour le groupement des Mousquetaires. L'ensemble de nos enseignes ont réalisé, en France et à l'étranger, un chiffre d'affaires total de près de 35 milliards d'euros, en hausse de 4% par rapport à 2009. Une performance d'autant plus satisfaisante que ce chiffre correspond peu ou prou à une progression à périmètre constant. Pour 2011, nous tablons sur une nouvelle hausse, de l'ordre de 3%.

Jean-Pierre Meunier: Nous avons tous les éléments pour construire les prochaines années dans le sérénité.

Pour autant, votre enseigne phare Intermarché ne gagne plus de parts de marché?

Marc Legrand: Sur ce point, nous sommes conscients des enjeux et des difficultés. Il n'est pas question de se satisfaire de la stagnation de 2010. Nous comptons repartir en conquête et aller rechercher les parts de marchés qui nous font défaut. Ce qui était notre avantage, un réseau dense de supermarchés dans des zones rurales ou semi-rurales, avec un magasin tous les 17 kilomètres, ne doit pas devenir un handicap.

Nous sommes passés d'une logique qui consistait à grandir à une fâcheuse tendance à grossir! A l'évidence, nous sommes arrivés au bout de notre système bâti sur un modèle quasi unique de supermarchés. C'est le sens de la décision que nous avons prise en 2010 de nous réorganiser par formats dans le métier alimentaire. Nous souhaitons ainsi répondre aux attentes des consommateurs, avec des formats aussi différents que l'Express pour le centre-ville, le Contact pour la proximité en zone rurale, les supermarchés généralistes ou simplement alimentaires, et les hypermarchés. Sans oublier le Drive que nous développons, et le marché du hard discount avec Netto.

Si le supermarché reste notre coeur de métier, nous apporterons une attention particulière à l'évolution de notre segmentation. Avec Intermarché Express, nous allons viser les 30% de la population qui réside en centre-ville, et notamment en région parisienne. Nous ne pouvions laisser de côté un réservoir de clientèle de 20 millions de personnes. Quant aux hypers de 4.000 à 6.000 m2, il faut leur fournir un référencement, une logistique, une politique commerciale adaptés. Nous avons commencé à travailler sur tous ces chantiers dès la mi-2010.

Dans les autres métiers, nous avons plusieurs formats pour Bricomarché, et un nouveau modèle entrepôt baptisé Bricocash, nos centres-auto Roady continuent de poursuivre leur croissance sur la base de leurs nouveaux concepts et enfin, notre chaîne de restaurants va passer en 2011 sous l'enseigne Poivre Rouge, en test aujourd'hui dans quatre établissements, qui enregistrent des croissances de chiffre d'affaires de plus de 40%.

La reconquête de parts de marché ne passe-t-elle pas d'abord par la capacité à tenir la promesse d'être le moins cher?

Jean-Pierre Meunier: Nous considérons que nous sommes déjà les supermarchés les moins chers. Et nous entendons le rester. Nous sommes aussi les moins chers dans la distribution de proximité, qui est une des valeurs fondamentales du groupement. Certaines études peuvent montrer qu'un concurrent a un niveau de prix inférieur, mais quand on observe le panier moyen, nous ressortons comme les moins chers.

Intermarché, comme d'autres distributeurs, a été assigné par le gouvernement sur la notion de «déséquilibre significatif», introduite par la loi de modernisation de l'économie. Etes-vous satisfait de l'application de la LME?

Jean-Pierre Meunier: Il faut d'abord dire que cette loi a posé un vrai problème sur la réduction des délais de paiement. Pour nos magasins de bricolage, Bricomarché, par exemple, cela a représenté 110 millions d'euros de besoin de trésorerie supplémenataire, soit de 200.000 à 300.000 euros par point de vente. Pour le reste, la LME nous a permis de négocier nos prix mieux qu'avant.

Marc Legrand: Sur les discussions commerciales en cours, il n'y a pas de blocages majeurs. En raison des caractéristiques de nos structures, nous sommes toujours les derniers à signer. Cela fait partie de la négociation.

Le gouvernement demande à ce que vous répercutiez les hausses des prix des matières premières alimentaires. Quelle attitude allez-vous adopter ?

Marc Legrand: Nous faisons une distinction importante entre, d'un côté, des industriels qui tentent de passer des hausses que nous jugeons totalement irréalistes selon les catégories et, de l'autre côté, des entreprises plus raisonnables, des PME, des producteurs et des éleveurs avec lesquels nous souhaitons entretenir des relations privilégiées.

Vis à vis des industriels qui cherchent à passer en ce moment des hausses supérieures à 5%, nous jouerons notre rôle de défenseur du pouvoir d'achat, dans le respect de la loi. Nous avons une spécificité, celle d'être également industriel et, en tant que neuvième groupe agroalimentaire français, avec nos 60 usines, nous savons donc réellement comment cela se passe au niveau des matières premières. Nous n'accepterons pas les hausses de tarifs totalement exagérées.

Côté PME, nous avons adapté et amélioré en 2010 la charte qui régit, depuis 2005, nos relations réciproques. Nous sommes conscients de la situation très difficile dans les filières animales (volaille, bovine et porcine) suite à la hausse des céréales entrant dans l'alimentation animale. Nous avons accompagné positivement les demandes de hausses faites par les industriels de la volaille en octobre dernier et au mois de janvier. Sur les filières bovine et porcine, la situation est plus complexe puisque la fixation des cours n'est pas corrélée au prix de revient de la production. Sur ces filières, nous revendiquons une origine France depuis de nombreuses années avec des partenariats amont forts au travers de nos marques Jean Rozé et Louis d'Armel. Pour encore marquer notre attachement à l'origine France sur ces filières, nous nous sommes engagés très tôt dans les démarches interprofessionnelles visant à apposer les logos VPF (viande porcine française) et VBF (viande bovine française) sur nos produits.

Quelle a été votre réaction à la lecture de l'avis de l'Autorité de la concurrence dénonçant les difficultés des magasins indépendants à changer d'enseigne?

Jean-Pierre Meunier: En tant que groupement d'indépendants, nous avons le sentiment d'être particulièrement attaqué par l'avis de l'Autorité de la concurrence sur les contrats d'affiliation. Soyons clairs, les conclusions de cet avis ne nous satisfont pas, et nous allons déposer un recours. C'est aussi un sentiment de frustration qui domine, car nous n'avons pas été écoutés. On peut légitimement se poser la question de savoir quel est l'objectif de l'Autorité de la concurrence dans cette affaire. Une chose est sûre: si on voulait détruire un système, celui de l'indépendance dans l'interdépendance, qui depuis des années au travers d'enseignes comme Intermarché, Leclerc ou U apporte aux consommateurs des prix bas, on ne ferait pas autrement. Avec le risque de voir progressivement les magasins indépendants rachetés par les groupes intégrés, et les prix à la consommation augmenter!

Nous souhaitons maintenant et au plus vite rentrer dans une période de rencontre et de réflexion avec l'Autorité de la Concurrence, afin de pouvoir construire ensemble des recommandations plus réalistes et qui prennent en considération les spécificités des réseaux d'indépendants.

PROPOS RECUEILLIS PAR PHILLIPE BERTRAND ET ANTOINE BOUDET

LES ECHOS - Le 3/02/2011

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Published by CGT Groupe Intermaché - dans Actualités Intermarché
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