Archives Audrey MARTY
Intermarché
L'Aude tente une discrète carte lézignanaise
Le départ de la base Intermarché à Vendres n'est pas encore acquis. D'autres pistes, en commençant par celles de Lézignan, sont explorées. Voilà le dernier rebondissement en date dans l'un des
dossiers socio-économiques les plus sensibles du moment.
Depuis l'annonce dans Midi Libre (notre édition du 2 février), du départ de la base régionale pour répondre entre autres à un besoin d'agrandissement et de mise aux normes, son
implantation héraultaise avait pourtant été présentée comme l'un des rares éléments actés du dossier. Le 17 mars, lors de l'opération de débrayage des salariés, la délégation reçue par la
direction était même ressortie de son entretien avec ce message. « Ils nous avaient même dit qu'ils n'étudieraient, désormais, aucune autre piste que celle de Vendres » rappelle
Kristian Lannes, le secrétaire du CE.
La reprise de l'ensemble du personnel audois sur le futur centre héraultais était, elle aussi, confirmée. Le débat se recentrait donc sur les négociations à venir pour obtenir de substantielles
compensations.
Mais le jeu restait, en vérité, légèrement plus ouvert qu'il ne pouvait le paraître. La ligne claire, affichée par le premier employeur privé de la ville n'avait pas entamé la détermination de
plusieurs acteurs connexes du dossier. Depuis plusieurs semaines, le député-maire de Narbonne aurait mené un travail souterrain. Multipliant les démarches, en se déplaçant, notamment, deux fois,
en toute discrétion, au siège d'Intermarché pour défendre un maintien de la base régionale, si ce n'est à Narbonne, du moins dans l'Aude.
Une seule certitude : si rien n'est acté, le nouveau statut de Lézignan, celui de challenger potentiel, se précise peu à peu. Avec quelles cartes ? Les élus interrogés se retranchent derrière
un mutisme absolu, en jugeant aussi prématuré que dangereux, toute communication sur le sujet. D'après des sources proches du dossier, Lézignan présenterait plusieurs atouts. Une importante
surface disponible à côté de l'autoroute. Mais surtout une facture particulièrement attrayante. Vendres avait pris l'avantage avec un prix au m 2 de moins de 20€, face aux 40 à 50€ enregistrés
dans certains secteurs audois. Il serait désormais tombé à moins de 10€ (auto ur de 6 à 7€) à Lézignan ! Michel Maïque, le premier magistrat lézignanais, se refuse à tout commentaire : «
J'ai un dossier qui restera "top secret". Je peux juste vous dire que les prix sont compétitifs. » Assez pour convaincre Intermarché, qui a signé une promesse d'achats à Vendres, de revenir
sur sa décision ? Peut-être, si c'est une simple question de prix.
Moins évident, si Intermarché projette, comme l'envisage la CGT, de regrouper ses sites de Narbonne et Pézenas, dans l'Hérault. Dans cette partie de "poker menteur", les élus et syndicalistes ne
sont pas les seuls à ne pas avoir dévoilé toutes leurs cartes.
Manuel CUDEL
Le midi libre.com - le 12/04/2010.