La FWA a anticipé le blocage de la base Intermarché de Villers-le-Bouillet, ce mercredi. Les agriculteurs sont remontés suite à une promotion sur le lait
Félait.
Emmanuel HUET
La FWA, la Fédération wal lonne de l'agriculture, n'ira pas manifester aujourd'hui devant la base logistique Intermarché à Villers-le-Bouillet. Yvan Hayez, secrétaire général de la FWA,
a réagi à l'article paru dans nos colonnes ce lundi. Le MIG, un syndicat représentant les producteurs laitiers, appelait au blocage de la base Intermarché le temps de rencontrer ses
dirigeants et d'évoquer leur dernière campagne de promotion. La brique de lait de la marque Félait était en promo à 47 cents et la publicité était accompagnée d'un message précisant que
ce lait permettait un revenu équitable aux agriculteurs. Ce qui est impossible à ce tarif.
De son côté, la FWA a anticipé le mouvement de mercredi. Anticipé ou récupéré ? Hier matin, elle a invité les responsables de la laiterie Solarec, qui met en boîte le lait Félait, ainsi
qu'un représentant d'Intermarché à clarifier la situation.
Au terme de cette rencontre, Yvan Hayez a précisé que le malaise était aplani. « Nous avons jugé opportun de réunir les opérateurs concernés. Nous n'avons eu aucun contact avec le
MIG qui nous invitait, dans l'article paru dans votre journal, à se rallier au mouvement. » Sur une brique Félait, le producteur est payé 35 cents du litre (soit 10 cents de plus
que le prix actuel du marché). Ce qui correspond effectivement à une juste rémunération. Avec 2 millions de litres écoulés par an, la marque Félait ne pèse que 0,3 % du volume de lait
que gère Solarec. Une goutte dans l'océan.
« Mais c'est en faisant la promotion du produit qu'on l'aidera à se développer. Pendant une semaine seulement, la brique a été vendue à 47 cents. Et pas aux dépens des producteurs.
Pour cette opération marketing, il y a eu un partage des coûts entre la laiterie et Intermarché. » Mais il comprend le malaise qu'a pu susciter le message. « C'est clair qu'à
47 cents, on ne peut pas garantir un revenu équitable ! On peut comprendre les émotions que ça suscite. Mais tout produit doit faire l'objet d'une stratégie marketing. C'est dans la
perception du message qu'il y a un risque de confusion entre 47 cents et un revenu équitable. » D'autant plus que les 35 cents payés aux producteurs n'ont pas été rabotés. C'est ce
qu'explique Éric Baudhuin, responsable des achats chez Intermarché. « Ce prix est le résultat d'une mise en commun d'une ristourne de la laiterie, d'Intermarché et des indépendants
à la tête des magasins. Certains ont ainsi laissé tomber leur marge bénéficiaire. » Cette même explication, les agriculteurs l'entendront demain puisque le MIG maintient son
mouvement. Mais la cacophonie entre la FWA et le MIG déstabilise. Le MIG a réagi rapidement en prônant une action. La FWA a rebondi en préconisant le dialogue. Mais aucun des deux
syndicats n'a parlé à l'autre.