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BLOG CGT INTERMARCHE

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Information CGT du Groupe INTERMARCHE : Comité de Groupe, CCE ITM-LAI,CCE ITM-LEMI, Bases Logistiques, Pôle industriel, STIME,


Leclerc, U, Intermarché : leurs stratégies pour 2013

Publié par CGT Groupe Intermaché sur 10 Décembre 2012, 17:48pm

Catégories : #Grande distribution

 

 

 

 

Quel bilan pour 2012 ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « Pour 2012, la croissance du chiffre d’affaires des centres Leclerc se situera entre + 7 et + 8 %. Les créations de drives expliquent cette croissance pour environ 26-27 %. Il y a aussi le plan de rénovations des magasins pour 25 %, les créations de mètres carrés et, surtout, nous avons maintenu nos écarts de prix avec nos challengers. En général, il y a 3,5 à 4 points d’écart entre Leclerc et ses concurrents sur les prix. »

 

Philippe Manzoni (Intermarché) : « Sur la fin d’année, nous devrions avoir une croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires. Pour l’année 2012, nous serons entre + 7 % et + 8 %, avec une rentabilité légèrement meilleure qu’en 2011.

 

En octobre, notre part de marché (total PGC + frais LS, NDLR) atteignait 15 %. C’était l’objectif que nous nous étions fixé mais nous l’avons atteint au bout de deux ans seulement contre trois ans escomptés.

 

Nous récoltons les fruits de notre stratégie de déclinaison du parc par format : Intermarché hyper, Intermarché super, Intermarché contact, etc. Nous avons élargi notre offre avec plus de 1 000 références supplémentaires en magasin. Nous avons aussi amélioré « l’applicatif terrain » et fait monter le niveau moyen du parc, grâce aux RCI (remises conditionnelles d'interdépendance, NDLR). C’est un dispositif très efficace. Le taux d’adhésion au nouveau concept magasin est passé de 65 % à 95 % en moins de deux ans.

 

S’agissant de Netto, le chiffre d’affaires à magasins comparable est en « stabilité positive », après + 5 % en 2011. »

 

Serge Papin (Système U) : « Nous faisons un très bon mois de novembre. Pour l’année 2012, notre chiffre d’affaires devrait être à + 10 % à parc non constants et nous allons caresser les + 4 % à parc constant. Avec une part de marché au-dessus de 10 %, en ligne avec les objectifs que nous nous étions fixés. Sur le non-al, qui représente 10 à 12 % de notre chiffre d’affaires, nous sommes négatifs et même très négatifs en textile et en bazar ».

 

 

Quels objectifs pour 2013 ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « Notre priorité sera la conquête de parts de marché, en développant notre offre mais surtout en étant constant dans les écarts de prix avec nos concurrents. Pour cela, nous allons réinvestir nos marges dans les prix. Nous ne mollirons pas sur les prix en 2013 par rapport à 2012, sans trop nous préoccuper de ce que feront nos concurrents. Nous sommes en tête de la course. Nous faisons nos prix sans regarder le peloton derrière nous. »

 

Philippe Manzoni : « L’objectif est d’atteindre + 15 % de chiffre d’affaires au mètre carré d’ici à fin 2013. Sur les trois dernières années, nous sommes sur une progression de + 18 %. J’ai très bon espoir qu’Intermarché dépasse les 15 % de part de marché en 2013.

 

Sur les formats, nous avons des projets de développement pour Intemarché Express, sur Marseille notamment mais aussi dans la plupart des grandes villes. Jusqu’à présent, le développement d’Intermarché Express a été freiné par le coût du foncier en centre-ville et par le manque d’emplacements disponibles. »

 

Serge Papin : « Nous voulons atteindre les 12 % de part de marché dans trois ans. Pour y parvenir, il nous faut au moins maintenir notre rythme de croissance actuel. Nous voulons avoir 1 000 magasins en hypers et supermarchés (contre plus de 800 aujourd’hui, NDLR), 1 000 points de vente en proximité et 1 000 drives contre 500 aujourd’hui (en incluant le retrait à l’accueil des magasins, NDLR).

 

 

Envisagez-vous des alliances ?

 

 

 

Serge Papin : « Pour alimenter notre croissance, nous sommes prêts à accueillir de nouveaux partenaires, après les Coop de Normandie-Picardie ou Coop Atlantique dont le processus d’intégration à Système U sera totalement achevé d’ici à l’été 2013.

 

Il existe des pistes d’alliance potentielles en France. Nous avons essayé avec Cora mais pour se marier il faut être deux et çà fait trop longtemps que je fais la cour à Cora sans succès ! »

 

 

 

Quelle sera l’évolution de la consommation en 2013 ?

 

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « On entre dans la récession. Les Français commencent à puiser dans leur épargne. J’anticipe une période vraiment difficile pour la consommation, or c’est le principal moteur de la croissance.

 

Les Politiques n’ont pas la perception de la vie quotidienne des Français. Chez Leclerc, nous n’excluons pas de prendre à nouveau la parole dans les médias pour les ramener aux réalités. »

 

Philippe Manzoni : « Nous restons prudents sur nos charges de fonctionnement mais nous avons confiance dans l’avenir. Nous allons investir 800 M€ pour développer nos outils en amont et en aval. »

 

Serge Papin : « 2013 sera plus difficile mais il ne faut pas oublier que notre clientèle accessible ne représente que les deux tiers seulement des ménages Français, avec de gros trous dans notre couverture du territoire, en région parisienne et dans le Nord notamment. »

 

 

Pour ou contre un aménagement de la LME afin de mieux protéger les PME ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « Je suis favorable à une meilleure formalisation de nos rapports avec les PME mais nos négociations sont déjà différentes selon que nous sommes confrontés à une PME ou à un grand groupe industriel. Nous aurons terminé les négos avec les PME d’ici à la fin de l’année mais pour les grandes marques, nous verrons. Si nous acceptions toutes les demandes d’augmentations tarifaires présentées par les grands industriels, nous devrions augmenter les prix de vente en rayon d’au moins 2 à 3 % et cela nous le refusons.

 

Leclerc est aussi la première enseignes française sur la mise en avant des produits du terroir. Ne nous trompons pas de débat. La concurrence pour une Pme est avant tout horizontale. Le principal concurrent du petit producteur de porc français, c’est d’abord le producteur allemand, pas Leclerc.

 

Ne revenons pas bêtement sur la LME pour retourner à un système qui sera favorable aux multinationales qui pourront acheter des parts de linéaire au détriment des PME. »

 

Philippe Manzoni : « Je suis favorable à une stabilité du contexte législatif des relations commerciales entre distributeurs et industriels et je suis totalement opposé au fait de revenir sur la négociabilité des tarifs. Si l’on devait répercuter les hausses de tarifs présentées par les industriels, qui serait gagnant avec des volumes en baisse en magasin ? Pour 2013, notre objectif est d’arriver à être proches de 0 % de hausse des prix en magasin. »

 

Serge Papin : « Avec la guerre des prix sur les grandes marques, les distributeurs reconstituent leurs marges avec les PME qui sont par ailleurs très dépendantes de la grande distribution. Avec le système actuel, on est en train de détruire l’appareil agroalimentaire français !

 

Je propose de poser les valises et de prendre le temps de la réflexion. Prenons l’exemple du rapport Gallois et demandons à une personnalité extérieure de donner son avis sur les modifications à apporter sur la réglementation. Pourquoi ne pas aménager la LME, en appliquant par exemple un coefficient de 10 % au SRP sur les grandes marques ? Il ne faut rien exclure. C’est aussi l’intérêt des grandes marques. »

 

 

Quelle stratégie sur le drive et pour quelle rentabilité ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « Nos adhérents testent différents modèles de drive. A Nantes par exemple, des expérimentations seront menées sur l’automatisation des drives. Nous discutons tous les jours entre nous sur le meilleur modèle pour être rentable. Mais au-delà du modèle, chez Leclerc, la question centrale c’est : comment le drive peut nous permettre de gagner des parts de marché. Le drive est un format comme un autre pour appliquer la stratégie globale de l’enseigne. »

 

Philippe Manzoni : « Notre objectif est d’atteindre 1 000 magasins connectés au e-commerce fin 2013 contre 500 aujourd’hui (y compris les magasins avec points de retrait à l’accueil, NDLR). Nous avons un tiers de drives accolés aujourd’hui et nous testerons en 2013 les drives solo, treize en tout, dans le Sud-Est et le Nord notamment.

 

Si nous parvenons à rentabiliser le drive par l’accroissement des volumes, nous pourrons nous passer de la facturation des frais de commandes.

 

Nous nous intéressons aussi beaucoup à la possibilité de créer un site e-commerce non-alimentaire mais nous n’en sommes encore qu’au stade de la réflexion, avec peut-être un objectif de lancement en 2014, avec retrait en point de vente. »

 

Serge Papin : « Pour nous, le drive n’est pas un concept nouveau mais un service nouveau pour les clients. Nous avons fait le choix du drive adossé au magasin principal car c’est un modèle plus rentable que le drive déporté.

 

Parce que la gratuité totale des frais de commandes n’est pas viable économiquement, nous les facturons en-dessous d’un montant de 70 € contre 100 € auparavant.

 

Nous visons 10 % de notre chiffre d’affaires réalisé avec le drive dans trois ans. En revanche, nous n’avons pas de projet de site non-alimentaire. »

 

Serge Papin a aussi évoqué le redressement en cours de UTelemarket, son cybermarché alimentaire racheté en mai 2011 : « Nous ne pensions pas que ce serait si dur. Nous connaissions mal ce métier nouveau pour Système U. Le système d’informations était archaïque et la productivité faible. L’objectif d’atteindre le seuil de rentabilité est repoussé d’un an. Pour autant, nous n’avons pas de regrets d’avoir racheté Telemarket. »

 

 

Vers un encadrement des créations de drives et une taxe spécifique ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « Un encadrement de la création des drives peut être structurant pour le marché. S’agissant d’une taxe sur les drives, cette nouvelle activité peut être un gisement pour la fiscalité et tout le monde sait qu’en ces temps difficiles, il est tentant pour un gouvernement de trouver de nouvelles ressources fiscales. »

 

Philippe Manzoni : « La probabilité d’un encadrement des créations de drives est très forte, tout comme celle d’une taxe additionnelle. »

 

 

Quel avenir pour l’hyper ?

 

 

 

Michel-Edouard Leclerc : « La stratégie de Leclerc c’est le multicanal. Il nous faut réfléchir à l’offre la mieux adaptée à des 12 000 m² mais pour autant, aucun adhérent possédant un gros Leclerc ne veut réduire la taille de son magasin. »

 

Philippe Manzoni : « Notre meilleur format est l’hyper de proximité. En 2012, tous nos formats sont en progression, de l’ordre de + 6 à + 8 % mais ce sont nos hypermarchés qui progressent le plus. Nous avons identifié 300 points de vente Intermarché pouvant potentiellement prendre l’enseigne Intermarché hyper, dont 150 d’ici à trois ans. Notre objectif est de réaliser 30 % de notre chiffre d’affaires avec nos hypermarchés de proximité contre 15 % aujourd’hui. »

 

 

 

 

Quelle stratégie promo et fidélité ?

 

 

 

Serge Papin : « Nos gains d’image prix sont avant tout liés à nos efforts sur les prix fond de rayon. Nous allons continuer à baisser le nombre de produits en promo. Comme les promos, la carte de fidélité participe à une certaine artificialisation de l’image prix d’une enseigne mais pour autant, nos clients restent très attachés à notre carte U. »

 

Philippe Manzoni : « Nous avons simplifié notre programme de fidélité qui reposait auparavant sur des avantages sur deux grosses journées : le mardi et le jeudi. Aujourd’hui, il y a des avantages pour les clients tout au long de la semaine. Le taux de nourriture de nos clients possédant la carte de fidélité peut encore progresser. Il se situe à 26-27 % avec une progression de 2 points en deux ans. »

 

Linéaires.com  - le 26 /11/2012

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